Explorer les taux d’intérêt négatifs

January_2013_Stock Market Graph_iStock_000020935128_MediumLes taux d’intérêts canadiens sont bas, mais pourraient-ils l’être encore davantage? Pourrions-nous atteindre un point où ils seraient négatifs, peu importe en quoi cela consiste exactement? Cette question est sur toutes les lèvres depuis que le concept des « taux négatifs » a fait son entrée dans les conversations courantes, soit l’an dernier. Les taux négatifs ont depuis été adoptés par certains pays et quelques indices semblent montrer que le Canada pourrait lui aussi tenter l’expérience.

Commençons par définir ce que sont les taux d’intérêt négatifs. À première vue, il semble qu’ils seraient vraiment profitables pour le marché immobilier, mais il s’agit en fait d’un mécanisme d’intervention visant à changer le comportement des banques plutôt que celui des consommateurs. Leur objectif est de stimuler l’activité économique et, par le fait même, d’éviter la « déflation » ou la chute des prix.

On trouve le meilleur exemple de ce concept au Japon, qui a longtemps été aux prises avec un problème de déflation et qui a adopté les taux négatifs l’an dernier. La Banque du Japon, la banque centrale du pays, désire que les banques à charte japonaises prêtent de l’argent aux entreprises et aux consommateurs, alors plutôt que de leur verser des intérêts sur l’argent déposé chez elle, elle leur facture des intérêts lorsqu’ils laissent de l’argent dormir sur leur compte. Dans les faits, cela signifie que, comme les taux d’intérêt à long terme sont plus bas (ici, négatifs), les banques sont susceptibles de diminuer leurs taux à leur tour. Au Japon, le marché immobilier profite déjà de cette situation qui a poussé toutes les principales banques du pays à réduire les taux hypothécaires offerts aux clients.

L’envers de la médaille, comme le démontre une récente analyse de la San Francisco Federal Reserve, est que le passage à des taux d’intérêt négatifs peut nuire aux profits des banques, une situation qu’une banque centrale, et plus particulièrement la Banque du Canada, ne peut prendre à la légère. Les banques ont habituellement une « marge » entre le montant qu’elles versent sur les dépôts et celui qu’elles prélèvent sur les prêts. Si elles doivent payer des intérêts sur leurs propres dépôts, cela pourrait avoir des conséquences sur leur profitabilité, à moins qu’elles n’arrivent à transférer ces coûts à leur clientèle.

Outre le Japon, la Suède, le Danemark et la Suisse ont aussi fait le saut vers les taux d’intérêt sous zéro. En décembre, lors d’une conférence de presse, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a sous-entendu qu’il s’agissait d’un outil qu’il allait étudier. Plus récemment, en février, une analyse menée par Citigroup a indiqué que la possibilité que le Canada adopte les taux d’intérêt négatifs était « substantielle ».

Pouvons-nous donc conclure que les taux d’intérêt négatifs seraient une bonne chose pour le marché de l’immobilier? Peut-être, mais uniquement dans un scénario où les activités stagnent et où il n’existe aucune autre façon de faire progresser les choses. La meilleure solution demeure toutefois de continuer à bâtir une économie forte au sein de laquelle le secteur bancaire prête avec confiance et les ménages se sentent à l’aise de contracter des emprunts.

 

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